La route vers le Sud
- 📆18 - 19 juin
- 🏨The Barn
Le lendemain, la journée s'annonçait déjà bien chargée. Après un bon petit-déjeuner à la ferme, nous avons repris la route.
Cratère Kerið
Nous avons fait un petit détour pour passer par le cratère Kerið. C'est un cratère volcanique assez impressionnant dont le fond est occupé par un lac. Ce qui frappe, c'est le contraste de couleurs : la roche est d'un rouge profond et l'eau du lac est d'un bleu intense. C'est une étape rapide, mais visuellement très efficace.


Cascades Seljalandsfoss et Gljúfrabúi
Après le cratère, nous nous sommes dirigés vers deux cascades incontournables de la région : Seljalandsfoss et Gljúfrabúi.
Ce sont des passages obligés, mais la réalité est un peu différente de la photo parfaite que l'on voit sur Instagram. Il y avait pas mal de monde, et pour vivre l'expérience complète, il faut accepter de faire un peu la queue. Le principe est simple : on contourne la première, Seljalandsfoss, en passant littéralement derrière le rideau d'eau, ce qui permet d'accéder à la seconde, Gljúfrabúi. Cette dernière est plus "cachée", nichée dans une faille rocheuse, comme une petite grotte secrète.
L'expérience est impressionnante, mais le côté "tourisme de masse" et l'attente pour passer derrière le rideau d'eau cassent un peu la sensation de solitude que nous recherchions. On se retrouve dans une file d'attente, un peu mouillés par les embruns, en attendant notre tour pour voir ce qui se passe de l'autre côté.
Je n'ai pas photographié la seconde cascade car trop de monde.







Cascades Seljalandsfoss et Gljúfrabúi
Juste à côté du site, une rivière serpentait entre des bancs de sable noir. L'eau chargée de sédiments, provenant probablement de la fonte des glaciers. C'était un spectacle assez graphique : le contraste entre une eau chargée et le noir du sable était parfait. Pour capturer ce motif sinueux, j'ai sorti le drone et pris quelques photos de haut. C'était le moment idéal pour prendre de la hauteur et obtenir une vue d'ensemble sur ce paysage.


Glacier Sólheimajökull
Ensuite, nous sommes passés par le secteur du glacier Sólheimajökull. Étrangement, il n'y avait pas grand monde ici, ce qui changeait de l'ambiance des cascades. On est arrivés pile au moment où quelques gouttes commençaient à tomber. On s'est abrités et on en a profité pour roupiller quelques minutes, le temps que l'averse passe.
Sur le parking, on a fait une rencontre assez surprenante : un renard polaire qui passait tranquillement entre les voitures. Son pelage d'été était presque terminé, mais il laissait encore entrevoir quelques touffes de sa fourrure d'hiver.

Pour s'approcher du glacier, il faut marcher un peu. On s'aperçoit vite qu'on n'est pas face à un bloc de glace massif et immobile, mais plutôt face à une « langue de glace » — cette partie du glacier qui s'étire et descend vers la côte. Le paysage sur le chemin est typiquement islandais : brut, entre le vert de la mousse et le noir de la roche, avec des nuages qui enveloppent les sommets. Quel spectacle !


En route vers le glacier
En continuant sur le chemin, on se retrouve face à la véritable langue de glace. Elle est visuellement très particulière, à moitié blanche et à moitié noire. On comprend vite pourquoi : toute cette poussière noire qui recouvre la glace provient de la montagne ; en descendant, le glacier arrache des morceaux de roche et de cendres des éruptions passées. C’est ce qui donne à l'eau une couleur marron ou grise, chargée de minéraux, au lieu d'être limpide.
Il est possible de marcher sur le glacier, mais uniquement avec un guide. C'est un terrain extrêmement dangereux à cause des crevasses qui se cachent sous la surface. On a quand même essayé d'avancer un peu sur la glace, mais on a rebroussé chemin assez vite. Le début est traître : avec toute cette couche de poussière volcanique, on n'a même pas l'impression de marcher sur de la glace, mais sur du sable, et on ne sait jamais vraiment où on met les pieds.







Épave du Super DC-3 sur la plage de Sólheimasandur
On a ensuite repris la voiture pour aller voir la mythique épave d'avion sur la plage de Sólheimasandur. Pour y accéder, il y a deux options : marcher 4 km (soit 8 km aller-retour) à travers un paysage *très* désertique, ou prendre une navette (payante) qui passe toutes les 30 minutes. Entre la fatigue et la flemme de s'attaquer à 8 km de marche sur un chemin de cailloux, on a choisi l'option navette. Le véhicule, un bus tout-terrain, semblait tout droit sorti du fin fond de l'époque soviétique.

Une fois sur place, l'épave est là, posée au milieu de nulle part, fidèle aux photos que l'on voit sur Internet. Sauf qu'il y a un bémol : l'épave est recouverte de stickers de touristes et d'un énorme tag. C'est assez décevant. On a pris quelques clichés rapides, mais on n'avait que 20 minutes avant de devoir reprendre la navette. Avec le vent et le froid qui se levaient pour la fin de journée, on est repartis rapidement.
Honnêtement, on ne recommande pas cet endroit.




Épave de l'avion Super DC-3 de chez Douglas
Dyrhólaey : La côte sauvage
Ensuite, nous avons pris la direction de Dyrhólaey pour admirer l'arche qui s'avance dans la mer et la plage de sable noir en contrebas. Le panorama est impressionnant : les vagues viennent se fracasser contre les rochers, laissant une écume blanche qui tranche magnifiquement avec le noir profond du sable.
Le temps était pluvieux, voire bruineux, et le vent ajoutait une couche de froid supplémentaire. Mais cette météo nous a offert un avantage inattendu : elle a fait fuir les touristes. Nous nous sommes retrouvés pratiquement seuls dans ce décor puissant. On cherchait aussi les macareux, mais ils étaient invisibles ce soir-là. On nous a expliqué que les rangers ferment le site à 19h pour respecter la période de nidification et laisser les oiseaux tranquilles, une mesure nécessaire pour la protection de l'espèce.
La luminosité était vraiment intense malgré le temps chargé. J'ai essayé de capturer cette ambiance particulière, mais la réalité du terrain m'a rappelé mes limites : j'ai dû lutter avec les gouttes d'eau qui venaient constamment stagner sur l'objectif, ce qui a fini par gâcher certaines prises de vue. Mais au fond, ce n'est pas grave. L'essentiel est ailleurs : l'important, ce sont les souvenirs.





Pour clore cette journée, nous avons fini la soirée au Black Beach Hotel. La chance nous a souri : nous avons été surclassés dans un studio/appartement tout neuf. On avait une vue sur l'océan, au loin, et c'était vraiment incroyable. Après une journée passée à lutter contre le vent et le froid sur les côtes, ce confort était la récompense parfaite pour terminer la journée.
Le lendemain, nous avons profité de la proximité de notre logement pour aller explorer la grotte de Hálsanefshellir. C’est une grotte marine située sur la côte, sculptée par l'érosion. L'avantage d'y aller tôt, c'est qu'on évite la foule et qu'on se retrouve vraiment seul avec le bruit des vagues. Par contre, comme la mer était haute, nous n'avons pas pu contourner la paroi pour faire le tour de l'arche.

L'exploration en valait la peine : sur une partie des rochers, j'ai été fasciné par l'aspect de la roche. On aurait dit un véritable feuilletage, avec des strates de pierre très fines, presque fragiles. C'est un détail géologique impressionnant qui donne une texture incroyable au paysage. L'autre partie, ressemblait beaucoup à la chaussée des géants Irlandaise.




